Dans un paysage juridique en pleine mutation, la figure de l’avocat traditionnel s’efface au profit d’un profil plus agile : l’avocat-entrepreneur. Maître Alexandre Chéronnet, fondateur du cabinet Altata.legal, incarne cette transition. Ancien fondateur de la legal tech Predictice, il utilise son expérience de la tech et de l’entrepreneuriat pour redéfinir le conseil juridique au service des dirigeants.
Un parcours entre art urbain, tech et droit
Le parcours d’Alexandre Chéronnet n’est pas celui d’un juriste classique. Dès ses études, il co-fonde The Wall, une galerie d’art urbain en ligne, avant de lancer en 2016 Predictice, un logiciel SaaS d’analyse de l’information juridique propulsé par l’IA. Après huit ans à la tête de cette start-up vendue en 2025, il choisit de devenir avocat pour appliquer une approche résolument business au droit. Pour lui, la barrière entre entrepreneuriat et profession libérale n’a plus lieu d’être : l’avocat moderne doit avant tout comprendre les enjeux produit et marché de ses clients.
L’IA : un levier de productivité, pas un remplaçant
L’intelligence artificielle est au cœur de la pratique d’Alexandre Chéronnet, mais pas là où on l’attend forcément. Si l’IA permet de standardiser la rédaction de documents via des plateformes comme ConditionsGenerales.fr ou PacteDAssocies.fr, elle sert surtout de filet de sécurité pour détecter les incohérences de dates ou de clauses. Le véritable changement se situe dans la relation client : aujourd’hui, les entrepreneurs utilisent des outils comme Claude pour challenger les projets de contrats envoyés par leur conseil. Loin d’être une menace, cette transparence oblige l’avocat à se concentrer sur les 20 % de rédaction à haute valeur stratégique plutôt que sur le remplissage de modèles standards.
La transmission d’entreprise : entre tradition et modernité
Alexandre observe un changement de paradigme dans les opérations de fusion-acquisition. On assiste au rachat de nombreuses « activités traditionnelles » (savonneries, aciéries, distributeurs automatiques,…) par des profils issus de la tech. Ces nouveaux repreneurs utilisent l’IA pour optimiser les process et la relation client de PME historiques. Dans ce contexte, l’avocat n’est plus seulement celui qui protège, mais celui qui sécurise un deal global.
Que vous envisagiez de céder votre structure ou d’en acquérir une nouvelle, la question de la valeur est le point de départ de toute discussion. Pour obtenir une première estimation fiable, vous pouvez utiliser notre outil de calcul de la valorisation d’une entreprise. Cette étape est cruciale, car une entreprise bien préparée peut voir son prix augmenter significativement, un sujet que j’aborde en profondeur dans mon livre « Vendre son entreprise – Augmenter le prix de cession sans chiffre d’affaires supplémentaire ».
Le profil en « T » : l’atout de l’entrepreneur moderne
Pour réussir dans cet environnement complexe, Alexandre prône le modèle du professionnel en « T ». La barre verticale représente l’expertise métier profonde — pour lui, le droit des affaires. La barre horizontale symbolise la curiosité transverse : un entrepreneur doit posséder des bases en comptabilité, en finance, en marketing et même en code pour dialoguer efficacement avec ses partenaires. Sans cette culture juridique minimale, la relation de confiance avec un avocat est difficile, car l’entrepreneur a l’impression que son conseil « lui parle chinois ».
Le conseil humain comme valeur refuge
Malgré l’omniprésence de la technologie, la dimension humaine reste l’élément central du cabinet Altata Legal. Alexandre a fait le choix de l’avocat conseil qui se concentre sur l’accompagnement stratégique des dirigeants. L’IA automatise les tâches « moins glorieuses », libérant du temps pour l’écoute et la prise de décision complexe. À l’avenir, la valeur d’un avocat ne se mesurera plus au nombre de pages rédigées, mais à sa capacité à être un partenaire de croissance pour l’entrepreneur.




